Les extraits de bouteille

extrait de "gueule de bois n°fin" de Ratus Van Mutidd

"Tire-toi de devant mon soleil !" Je lui ai dit. Ca a regardé partout autour de soi pour saisir le Soleil. "C'est une expression." J'ai expliqué. Puis comme ça ne comprenait pas, j'ai répété. "Tire-toi !" Ca a sorti son flingue du machin où ça rangeait son flingue.

"D'accord." J'ai dit. "qu'est ce que vous voulez ?". Le jour qui s'amenait annonçait un goût de nouilles trop cuites. Réchauffées dans les gribouillages graisseux de leur beurre recuit.

Le flic a simplement dit : "Allez, dégage d'ici !". Puis ça a rengainé son arme et ça m'a regardé râler et partir. Comme prédit : Ce commencement de matin avait un goût de louve tiédasse. Même les flics le sentaient.

J'ai laissé traîner un dernier coup d'oeil derrière moi, puis j'ai disparu de la vue du flic. Mes yeux ont tenté de saisir le Soleil, mais ils ne l'ont pas trouvé. Pour trois raisons :

1 C'était à peine le début du commencement du matin.

2 Le ciel était plein d'usines en fumées.

3 C'était beaucoup mieux comme ça, parce que distinguer l'est et l'ouest ne m'aurait servi à rien dans la situation où je me trouvais.

J'avais ça, donc : Plus qu'à me trimbaler au hasard en espérant découvrir une cour miraculeuse, une cabane au milieu d'un terrain vague ou un tonneau de ferraille où installer mes loques.

J'ai entrepris de couler dans les rues, comme aurait coulé une eau de lessive sale dans une rigole. Puis je me suis arrêté, même, de couler.

Au milieu d'une rue large, je me suis assis et j'ai regardé les pigeons crades qui courraient par terre, poursuivis par les gosses, et qui allaient voler leur vol rampant dans les jupes des femmes qui portaient des jupes.

... (suite dans le fanzine une bouteille à la mer numéro 1)

Rédigé par Une bouteille à la mer

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